Communiqués de presse

La date du procès d'Alieu Kosiah fixée à avril 2020

  • 1er novembre 2019

Le 31 octobre 2019, le Tribunal pénal fédéral suisse a fixé la date du procès d’Alieu Kosiah, ancien commandant du Mouvement uni de libération du Libéria pour la démocratie (ULIMO), à Bellinzone ; celui-ci débutera le 14 avril et s’achèvera le 30 avril 2020. Kosiaha été arrêtéen Suisse le 10 novembre 2014 pour des crimes commis pendant la première guerre civile libérienne (1989-1996).

Alieu Kosiah est la première personne à être jugée pour crimes de guerre devant un tribunal pénal non militaire en Suisse, et il a été le premier membre de l’ULIMO à être inculpé pour des crimes commis pendant la première guerre civile libérienne. «Il s’agit d’une affaire historique tant pour le Libéria que pour la Suisse », a déclaré Alain Werner, directeur de Civitas Maxima, qui est l’un des deux avocats représentant quatre des sept plaignants qui témoigneront lors du procès.

Civitas Maxima et son organisation sœur libérienne, leGlobal Justice and Research Project(GJRP), mènent une enquête sur cette affaire depuis 2013. Kosiah est en détention provisoire depuis 2014, pendant que les autorités suisses mènent leur enquête.

Les victimes interrogées dans le cadre de l’enquête menée par les autorités suisses accusent Kosiah d’avoir commis ou ordonné des actes de violence sexuelle, des meurtres, des actes de cannibalisme, le recrutement d’enfants soldats, des pillages, le recours forcé à la main-d’œuvre civile dans des conditions cruelles, ainsi que le transport forcé de biens pillés, d’armes et de munitions. Romain Wavre, conseiller juridique chez Civitas Maxima, qui représentera également les plaignants lors du procès, a déclaré : «Vingt-cinq ans après la perpétration de ces crimes, les victimes auront enfin l’occasion de témoigner devant le tribunal des horreurs qu’elles ont subies pendant le conflit. »

Selon Hassan Bility, directeur du GJRP, «le courage des victimes qui ont témoigné contre Alieu Kosiah est enfin reconnu grâce à ce procès. Nous sommes reconnaissants aux autorités suisses d’avoir donné suite à cette affaire. Cette affaire, ainsi que d’autres à l’étranger, encourageront les victimes à se manifester et, espérons-le, inciteront le gouvernement du Libéria à mettre en place un tribunal national chargé de juger les crimes de guerre. »