Communiqués de presse

L'ex-épouse de Charles Taylor, inculpée de torture, a été arrêtée à Londres

  • 02/06/2017

Aujourd’hui, la police métropolitaine a inculpé Agnes Taylor pour actes de torture, en raison de son implication présumée dans les atrocités commises par le groupe rebelle de Charles Taylor, le Front national patriotique du Libéria (NPFL), pendant la première guerre civile libérienne.

Charles Taylor, qui a plongé le Libéria dans la guerre civile lors de l'invasion menée par le NPFL en 1989 et qui a été président du Libéria de 1997 à 2003, a été condamné en 2012 par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour avoir planifié, aidé et encouragé la commission, par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF), de crimes tels que des actes de terrorisme, des meurtres et des viols en Sierra Leone. Il purge actuellement une peine de 50 ans de prison.

Charles Taylor n'a toutefois jamais été tenu pour responsable des crimes qu'il a commis au Libéria, car les autorités libériennes n'ont fait aucun effort pour enquêter et poursuivre les auteurs des crimes commis au cours d'une guerre civile qui a duré plus d'une décennie et qui a coûté la vie à bien plus de 150 000 personnes, dont la plupart étaient des civils.

Cette affaire historique marque la deuxième fois qu'une personne ayant été affiliée au NPFL est mise en examen pour des crimes commis pendant les guerres civiles au Libéria. La première affaire concernait Martina Johnson, commandante de première ligne du NPFL, qui avait été arrêtée en Belgique en septembre 2014 pour son rôle présumé dans des atrocités commises pendant la guerre.

L'organisation Civitas Maxima, basée à Genève, et leGlobal Justice and Research Project (GJRP), basé à Monrovia, ont fourni les premières informations aux autorités britanniques, ce qui a conduit la police métropolitaine à ouvrir une enquête.

En tant qu'organisations partenaires, Civitas Maxima et le GJRP recensent les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui auraient été commis pendant les guerres civiles au Libéria et défendent les victimes dans leur quête de justice.

C'est la quatrième fois depuis 2014 que la collaboration entre Civitas Maxima et ses partenaires africains – le GJRP au Libéria et leCentre of Accountability and Rule of Law(CARL) en Sierra Leone – a permis de transmettre des informations aux autorités européennes, conduisant ainsi à l'arrestation d'un auteur présumé de crimes internationaux. Les trois premières arrestations ont eu lieu en Suisse et en Belgique, et la quatrième vient de se produire au Royaume-Uni.