Communiqués de presse

Jungle Jabbah : peine maximale confirmée

  • 8 septembre 2020

Aujourd’hui, le 8 septembre 2020, la Cour d’appel des États-Unis pour le troisième circuit, à Philadelphie, a rejeté l’appel de Mohammed Jabbateh, confirmant ainsi sa condamnation et sa peine de 30 ans de prison. Jabbateh, dont le nom de guerre était « Jungle Jabbah », occupait le poste de commandant de bataillon au sein du groupe rebelle ULIMO (Mouvement uni de libération du Libéria pour la démocratie) – l’une des principales factions belligérantes qui ont combattu le NPFL (Front national patriotique du Libéria) de Charles Taylor pendant la première guerre civile libérienne (1989-1996). Sous le commandement de Jabbateh, civils et soldats ont été victimes d’abus, de tortures, de viols et de meurtres ; le cannibalisme était également une pratique rituelle très répandue.

L'arrêt de la Cour d'appel qualifie les actes de Jabbateh d'« actes commis avec une cruauté effroyable » et précise que : « Les horreurs relatées lors du procès, dont seule une partie est ici évoquée, sont d'une tragédie indescriptible », « Personne, pas même le jury qui a examiné en toute impartialité la montagne de preuves réunies contre Jabbateh, ne pourrait considérer son comportement comme autre chose que monstrueux. »

Le 18 avril 2018, Jabbateh a été condamné par le tribunal fédéral de première instance du district Est de Pennsylvanie pour deux chefs d’accusation de fraude relative à des documents d’immigration et deux chefs d’accusation de parjure liés aux déclarations qu’il avait faites dans le cadre de ses demandes d’asile et de résidence permanente aux États-Unis – pays où il s’était réfugié en 1998.

Afin de prouver que Jabbateh avait fourni de fausses informations aux autorités américaines chargées de l'immigration, et donc qu'il avait obtenu l'asile aux États-Unis par fraude, l'accusation devait démontrer qu'il était un commandant rebelle de haut rang pendant la première guerre civile libérienne et qu'il avait commis des actes criminels alors qu'il occupait ce poste. Jabbateh est la première personne condamnée pour des crimes liés à son rôle pendant la première guerre civile libérienne.

Civitas Maxima et son organisation sœur basée à Monrovia, le Global Justice and Research Project (GJRP), ont collaboré avec les autorités américaines dans le cadre de l'enquête sur les crimes commis par Jabbateh au Liberia.

Jabbateh a ensuite été condamné à 30 ans de prison le 19 avril 2018. Il a par la suite fait appel de sa condamnation et de sa peine.

Selon Hassan Bility, directeur du GJRP, cette affaire constitue un succès majeur pour les victimes des guerres civiles au Liberia : «Cela a renforcé la confiance des victimes dans le système judiciaire international. Cela devrait également encourager tous les Libériens à défendre la justice et à lutter contre l'impunité. J'appelle le gouvernement libérien et les partis politiques d'opposition à faire de la responsabilisation pour les crimes de guerre une priorité et à ne pas se concentrer uniquement sur l'élection à des fonctions publiques. Ce type de responsabilisation garantira que le Liberia ne retombe pas dans le conflit et la guerre. »

Alain Werner, directeur de Civitas Maxima, a ajouté : «Le travail accompli par les procureurs américains dans cette affaire a été extraordinaire. Nous espérons qu’à l’avenir, ce type de crimes pourra être jugé aux États-Unis pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. »

Vous pouvez consulter ici le suivi quotidien du procès de Jungle Jabbah.