(Geneva, January 17, 2025) – Laye Sekou Camara, alleged high-ranking member of the LURD (Liberians United for Reconciliation and Democracy), who was due to stand trial for immigration fraud in Philadelphia beginning on January 21, 2025 has plead guilty on Thursday, January 16, to all four counts of immigration fraud. Camara is due to be sentenced on May 19, 2025 and remains released on bail until then. He faces a maximum possible sentence of 40 years in prison and a $250,000 fine.
Hassan Bility, directeur du Global Justice and Research Project (GJRP), a déclaré depuis Monrovia :« C’est un jour mémorable dans la lutte pour la justice et pour les victimes des guerres civiles brutales, sauvages et bandites qui ont ravagé le Liberia et qui ont coûté la vie, sans aucune justification, à des centaines de milliers d’innocents. C’est une victoire pour ces victimes courageuses qui ont bravé toutes les tactiques d’intimidation employées par les seigneurs de guerre libériens, chaussés de bottes militaires et crachant du feu. »
Le plaidoyer de culpabilité de Camara établit qu’il a menti aux autorités américaines de l’immigration au sujet de son rôle au sein du groupe rebelle LURD pendant la guerre civile afin d’entrer aux États-Unis, puis d’obtenir un titre de résident permanent, ou « green card ». Alors que Camara, par l’intermédiaire de son avocat, a nié les allégations selon lesquelles il aurait commis des crimes de guerre, seize témoins libériens s’étaient rendus à Philadelphie et étaient prêts à témoigner du rôle présumé de Camara dans la brutale deuxième guerre civile au Liberia. D’après leurs témoignages, tels qu’ils sont détaillés dans le dossier préliminaire, Camara, également connu sous ses noms de guerre « Général K-1 » et « Général Dragon Master », a participé à de nombreuses atrocités. Un témoin, qui a perdu sa sœur lors d’une attaque contre son village, décrit K-1 comme un personnage tristement célèbre, particulièrement connu pour tirer sur des foules de civils.
Bien que le procès n’ait plus lieu, le juge a fixé au 23 et 24 janvier 2025 une audience de deux jours consacrée à l’examen des preuves avant le prononcé de la peine, afin de permettre aux témoins libériens de faire consigner leurs déclarations au dossier. Leurs déclarations, ainsi que les conclusions du ministère public et des avocats de la défense, seront prises en compte par le juge lors de la détermination de la peine de Camara en mai.
Une victoire pour les victimes des guerres civiles au Liberia
L'affaire Camara constitue la troisième poursuite pénale publique et la troisième condamnation à Philadelphie liées aux guerres civiles au Liberia, après celles de Mohammed Jabbateh, alias « Jungle Jabbah », ancien commandant de l'ULIMO, et de Thomas Woewiyu, ancien porte-parole du NPFL et ministre de la Défense. Avec le procès de Moses Wright prévu dans le courant de l'année, il s'agit de la quatrième affaire pénale dans laquelle Civitas Maxima et son organisation sœur basée au Liberia, le Global Justice and Research Project (GJRP), ont apporté leur aide aux autorités américaines.
Bien que Camara n’ait pas été jugé pour les crimes qu’il a commis pendant la guerre civile, son affaire n’en constitue pas moins une victoire pour les victimes des guerres civiles au Liberia et témoigne de leur courage et de leur détermination à continuer de réclamer justice, même au-delà des frontières du Liberia, après tant d’années. Cette affaire rappelle également de manière pressante la nécessité de poursuivre les efforts visant à permettre aux victimes d’obtenir justice au Liberia. Il est impératif que le gouvernement libérien prenne rapidement des mesures pour doter le Tribunal spécial chargé des crimes de guerre des ressources et de l’expertise dont il a besoin pour rendre une justice véritable dans le pays.