Kunti Kamara

Kunti Kamara, ancien commandant de l'ULIMO, a été arrêté en France en 2018, soupçonné de crimes contre l'humanité et d'actes de torture qu'il aurait commis pendant la première guerre civile libérienne.

Kunti Kamara, ancien commandant de l’ULIMO, a été arrêté en France en 2018, soupçonné de crimes contre l’humanité et de torture qu’il aurait commis pendant la première guerre civile libérienne (1989-1996).

Au terme d'un procès de 17 jours, qui s'est tenu du 10 octobre au 2 novembre 2022 à Paris, en France, M. Kamara a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation. Ces chefs d’accusation comprenaient : le viol et l’esclavage sexuel de personnes particulièrement vulnérables commis par ses subordonnés ; le fait d’avoir infligé de graves souffrances à un homme et d’avoir pris part à la consommation publique de son cœur ; l’exécution d’une femme malade qui venait de perdre son bébé parce qu’elle était accusée de sorcellerie ; le fait d’avoir soumis deux hommes à des travaux forcés dans des conditions inhumaines ; et la torture d’un civil. M. Kamara a été condamné à la réclusion à perpétuité.

M. Kamara, qui réfute l'ensemble des charges retenues contre lui, a fait appel de la décision. Les audiences de la procédure d'appel se sont tenues devant la Cour d'assises de Paris du 5 mars 2024 au 29 mars 2024. La juridiction a confirmé la condamnation et reconnu M. Kamara coupable de complicité de crimes contre l'humanité, ainsi que de commission d'actes de torture et de barbarie, tant simples qu'aggravés. Il a été condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

Civitas Maxima a déposé la plainte pénale en juillet 2018, qui a donné lieu à l'ouverture de la procédure en France, M. Kamara résidant dans ce pays à l'époque. Civitas Maxima a été admise comme partie civile dans cette affaire, aux côtés de plaignants libériens représentés par les avocats français Simon Foreman et Sabrina Delattre. Civitas Maxima a participé à toutes les audiences, tant en première instance qu'en appel.

Fonction Commandant au sein du groupe rebelle ULIMO
Nationalité libérien
Période d'activité Première guerre civile au Libéria (1989-1996)
Chefs d’accusation
Crimes contre l'humanité et torture
Lieu de la procédure  Paris, France
Statut de l’affaire
Condamné à 30 ans de prison. La condamnation est définitive. M. Kamara purge actuellement sa peine.

 

Conséquences juridiques directes de cette affaire

Cette affaire marque une étape historique tant pour la France que pour le Libéria. Elle aboutit à la toute première condamnation pour crimes contre l'humanité liés aux guerres civiles libériennes.

En France, il s'agit du premier procès relevant de la compétence universelle qui ne soit pas lié au génocide rwandais, du premier dans lequel l'accusé est physiquement présent, et seulement du cinquième procès de ce type à se tenir dans le pays.

Cette affaire marque également la première fois que les autorités libériennes, en collaboration avec les autorités judiciaires françaises, procèdent à des reconstitutions de scènes de crime liées à des crimes commis pendant la guerre au Libéria.

Communiqués de presse

Communiqués de presse

La condamnation de Kunti Kamara est définitive

Dans une ordonnance rendue le 25 juin 2024, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, a constaté la déchéance du pourvoi en cassation de Kunti Kamara, celui-ci n’ayant pas déposé son mémoire dans le délai légal imparti.

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