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Rapport annuel 2026 sur la compétence universelle : les dernières évolutions en 2025

  • 21/04/2026

Aujourd’hui, TRIAL International, en collaboration avec Civitas Maxima, le Center for Justice and Accountability (CJA), le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme (ECCHR), la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et REDRESS, a publié la dernière édition du rapport annuel sur la compétence universelle (UJAR). L'UJAR 2026 recense l'évolution de 91 affaires relevant de la compétence extraterritoriale et universelle jugées dans 20 pays. Ces chiffres, en hausse d'année en année, témoignent de l'importance croissante de la compétence universelle dans la lutte contre l'impunité à l'échelle mondiale.

L'efficacité de la compétence universelle

Le rapport de cette année démontre une fois de plus que la compétence universelle et d’autres formes de compétence extraterritoriale restent des outils efficaces pour garantir que les auteurs de crimes internationaux répondent de leurs actes. Entre janvier et décembre 2025, 34 nouvelles affaires ont été ouvertes ou rendues publiques, et 23 condamnations ont été prononcées. Cela souligne l’impact unique de la compétence universelle au sein du système de justice pénale internationale, tant en termes de nombre d’affaires et d’auteurs traduits en justice que d’accès concret à la justice qu’elle offre aux victimes.

En 2025, les autorités de quatre nouveaux États – le Kosovo, le Pérou, la Pologne et la Turquie – ont pris des mesures pour exercer, pour la première fois, leur compétence universelle ainsi que d’autres formes de compétence extraterritoriale. Plusieurs affaires ont également établi des précédents importants : la première condamnation pour des crimes commis dans le cadre de la guerre de 2014 dans l’est de l’Ukraine ; la première condamnation pour génocide par le transfert d’enfants vers un autre groupe ; le premier procès concernant le crime de guerre consistant à affamer une population ; et la première condamnation pour des crimes commis pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

La justice internationale à la croisée des chemins

L'année 2025 a également été marquée par des attaques sans précédent contre la justice pénale internationale. Les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI) et d'autres acteurs dans le cadre de la situation en Palestine constituent des tentatives directes de soustraire les États-Unis et leurs alliés, en particulier Israël, à toute obligation de rendre des comptes, et risquent de priver de nombreuses personnes de ce qui pourrait être leur dernier recours pour obtenir justice.

Une érosion plus générale de l’engagement des États envers les normes universelles de responsabilité transparaît également dans les annonces faites en 2025 par cinq États concernant leur intention de se retirer de la CPI. Ce recul se manifeste également par le refus de certains États parties de coopérer avec la Cour, notamment en ce qui concerne l’exécution des mandats d’arrêt délivrés par la CPI à l’encontre de personnes se trouvant sur leur territoire.

L'importance des synergies et de la capacité à surmonter les défis

Ces évolutions risquent de renforcer les deux poids deux mesures et de nuire à la crédibilité de la justice pénale internationale. À l’heure où les mécanismes de responsabilisation sont mis à rude épreuve, la coordination et la coopération entre les différents acteurs deviennent plus cruciales que jamais. L’UJAR de cette année démontre que, lorsque de telles synergies existent, elles peuvent déboucher sur des résultats concrets.

Dans le même temps, l’efficacité de la compétence universelle et d’autres formes de compétence extraterritoriale se heurte à certaines limites. Elle est conditionnée par les rapports de force et dépend de l’existence d’unités spécialisées et de ressources suffisantes. Le renforcement des cadres juridiques et des capacités reste essentiel pour combler les lacunes croissantes en matière de responsabilité.

Tout au long de l’année 2025, l’absence de hiérarchisation des priorités et de coordination est restée manifeste dans le contexte de l’opération militaire israélienne à Gaza. Toutefois, quelques États ont pris des premières mesures, et la société civile a continué à jouer un rôle central dans la poursuite des efforts visant à obtenir des comptes.

De nombreux contextes dans lesquels des crimes internationaux continuent d’être commis à grande échelle restent largement absents de la pratique en matière de compétence universelle et extraterritoriale. À mesure que la pression s’intensifie, les États attachés à l’état de droit international doivent renforcer leur capacité d’action.

À propos de l'UJAR 2026

Le rapport UJAR 2026 a été élaboré et rédigé par UpRights. Il s’inscrit dans le cadre de l’« Initiative mondiale contre l’impunité des crimes internationaux et des violations graves des droits de l’homme : faire fonctionner la justice » (GIAI). La GIAI est un programme mondial mené par la société civile, cofinancé par l’Union européenne, qui promeut une justice et une responsabilisation inclusives, intégrées et globales face aux violations graves des droits de l’homme à travers le monde.

Le rapport UJAR 2026 a été réalisé grâce au soutien financier de la Ville de Genève, de l'Union européenne, de la Fondation Oak et de la Fondation taïwanaise pour la démocratie. Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité de TRIAL International et ne saurait en aucun cas être considéré comme reflétant les positions des bailleurs de fonds susmentionnés.

L'illustration figurant en couverture fait partie d'une série de croquis d'audience réalisés par Augustin Guichot pour TRIAL International lors du procès de l'ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala, qui s'est déroulé à Paris du 12 novembre au 19 décembre 2025.

Télécharger le rapport